En 2015

RESISTANTES CORSES DEPORTEES

Exposition  et Conférence

Le 5 aout 2015  à Aullene

Hommage d'Aullene aux Résistantes corses Déportées
 Alors que deux femmes déportées -Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle- sont entrées au Panthéon cette année, Aullene berceau de l'emblématique Résistant Dumenicu Ribeddu, s'associe à cet évènement exceptionnel, en lui donnant un ancrage spécifiquement insulaire. Le 4 août à partir de 17h et le 5 août, toute la journées, à la salle communale, une Exposition sur l'héroïne de la Résistance Danièle Casanova sera présentée par sa nièce Isaline Amalric CHOURY, fille du rédacteur de l'ordre d'Insurrection de la Corse lancé le 9 Septembre 1943.

 Le 5 août, à 17h, une conférence de Jackie Poggioli, basée sur des dossiers totalement inédits, fera la lumière sur les femmes corses, originaires entre autres du Sartenais et de l'Alta Rocca, qui ont été déportées dans les Camps Nazis. Leur parcours est le thème d'un documentaire que la journaliste vient de réaliser pour france3corse ViaStella, et elle reviendra à l'occasion de sa conférence sur de nouvelles pages concernant ces Résistantes, pour la plupart totalement méconnues. Aullene qui a eu un fils, Dominique Benedetti, mort en déportation, et plusieurs autres déportés, comme Anghjulinu Chiaroni, sera le premier village à organiser un tel hommage aux Combattantes de l'ombre, aux femmes corses si présentes durant la Guerre comme dans l'Histoire insulaire et pourtant si souvent oubliées. Un évènement à ne pas manquer, pour tous ceux qui veulent faire vivre la mémoire de ces Femmes d'honneur et de tous ceux qui ont lutté contre la Barbarie.

Projection du documentaire Résistantes corses déportées

de Jackie Poggioli

28 mai - 18h30 - Ajaccio - Palais des Congrès, salle Matisse

A voir sur France 3 le 5 Juin 2015 

En replay : http://pluzz.francetv.fr/videos/ghjenti_,123706139.html

Interview de Jackie Poggioli : http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/2015/05/29/hommage-aux-resistantes-corses-deportees-735145.html

 

 

* * *

72° anniversaire de la mort de Danielle 9 mai 2015

 

Cérémonie à Vistale devant la stèle de Danielle

Les participants suivent le sentier vers la stèle de Danielle au son du chant d'Antoine Ciosi "Danielle Casanova"

Les allocutions  

Mario Papi :

"C'est avec plaisir que l'ANACR2A répond à l'invitation qui lui est faite chaque année par l'Association des Amis de Danielle Casanova Mémoire et Histoire qui organise avec soin et sérieux cette cérémonie. Elle se déroule dans ce village de Piana et plus précisément dans ce lieu bucolique tout empreint de l'âme de cette femme exceptionnelle, Danielle, devenue le symbole de la femme militante politique, engagée très jeune contre la montée des idées fascistes, pour que vivent les valeurs humanistes, républicaines et démocratiques afin de bâtir une société juste et fraternelle.

Dans ses engagements, dans ses combats, elle a été de fait un exemple de femme d'une grande modernité, d'une femme émancipée. Son engagement, ses combats lui ont valu la répression brutale de la police de Vichy et de la Gestapo puis la déportation à Auschwitz. Auschwitz, camp de la mort! camp d'extermination! dans lequel elle consacre toute son énergie à soigner, à soutenir physiquement et moralement ses compagnes de souffrance dans un altruisme qui l'animera jusqu'à la mort.

Certes les hommages qui lui sont dus et qui lui sont rendus sont importants et il est de notre devoir d'honorer la mémoire de Danielle Casanova ainsi que la mémoire de celles et ceux qui se sont dressés contre les collaborateurs ,contre les fascistes  et les nazis. Cependant le plus beau et le plus grand des hommages qui est à rendre à Danielle Casanova comme à ses camarades de souffrance et de combat est de nous engager à notre tour pour transmettre aux jeunes générations, sa mémoire, leur mémoire! Nous engager à notre tour, car il est grand temps, pour faire barrage à toute forme de nationalisme, à toute forme de totalitarisme, à toute forme d'oppression, aux injustices à la barbarie, au racisme, à l'antisémitisme et pour veiller au respect des fondements de la République: Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité! Ainsi, Danielle, nous serons fidèles à ta mémoire!"

 

Aline Castellani, Maire de Piana :

Le 9 mai 1943 deux ans avant l’Armistice du 9 mai 1945 mettant fin à la guerre de 1939/1945, Danielle, enfant de Piana mourrait au camp de concentration d’AUSCHWITZ. Arrêtée par la police française le 15 février 1942, elle fut déportée le 21 janvier 1943 au camp de d’AUSCHWITZ le 24 janvier 1943 .

72 ans après souvenons-nous d’elle comme d’une grande résistance ayant donné sa vie pour la liberté.

Ce sont des exemples dont nous avons besoin encore aujourd’hui pour nous dépasser, parce que c’est le sens de l’action que nous devons engager, et nous réconcilier autour d’une même fierté, celle de porter des valeurs.

C’est ce message-là que nous continuons à exprimer à travers ces évocations, ces cérémonies. C’est l’occasion de rendre hommage à celles et ceux qui ont payé un lourd tribut pour restaurer la légalité républicaine et rendre à notre pays la liberté et son honneur, à ces résistants, militants politiques ou syndicaux, patriotes qui ont osé se lever pour combattre la barbarie et pour rétablir la liberté, et qui, pour nombre d’eux, ont été assassinés ou déportés parce qu’ils étaient animés d’une certaine idée de l’homme. Au cours de cette période beaucoup sont tombés pour que nous vivions dans un pays libre et démocratique. Et leur mort n’a pas été vaine car elle ne continue de nous inspirer aujourd’hui de l’admiration.

Le combat n’est jamais perdu d’avance lorsqu’on se bat pour une cause juste. Ne jamais renoncer à être ce que l’on est, quelles que soient les époques, quelles que soient les circonstances, c’est le message de son parcours que nous devons retenir. Rendons hommage à toutes ses résistantes et à tous ces résistants, à toutes ses personnes qui se sont battues pour la liberté, pour la démocratie, pour nos droits.

Cette cérémonie  est aussi l'occasion de rappeler le rôle crucial joué par la Résistance française dans la libération de notre pays du joug des armées nazies. Il est bon de toujours faire écho de leur dévouement pour la France auprès de tous et surtout auprès de la jeunesse afin de ne jamais oublier ce grand chapitre de notre Histoire.

Le devoir de mémoire se situe bien au delà de tout esprit politique partisan : Danielle représentait toutes les autres femmes qui, avec courage et abnégation, se sont surpassées en surmontant leur peur pour sauver leur pays et leurs camarades.

Danielle CASANOVA mourait à AUSCHWITZ BIRKENAU après avoir été arrêtée, emprisonnée, torturée et déportée par la police de Vichy à la solde des occupants nazis. Elle a consacré toute sa vie à son engagement politique, à la lutte contre les inégalités, l’injustice, le fascisme et le nazisme.

 

Isaline Amalric :

 

"En janvier dernier, je me suis rendue à Auschwitz Birkenau, le plus grand centre de mise à mort immédiate des populations juives d'Europe. A leur arrivée, après une selection sauvage, 4 cinquième des juifs étaient gazés car ils étaient déclarés inaptes au travail.

Les déportées résistantes étaient pour la plupart envoyées à Ravensbruck, le camp de concentration réservé aux femmes.

A une exception près, le convoi qui amena 230 résistantes dont Danielle Casanova à Birkenau. Soixante treize jours après leur arrivée, sur 230 il n'en restait plus que 70. A la fin il n'y en aura plus que 49, ce qui correspond à un taux de mortalité de 79°/°. Sur ces 49 survivantes, il n'y en eut que 3 à avoir échappé au typhus. Cette maladie était la terreur des SS. Ils n'avaient qu'un but : envoyer les malades au crématoire le plus vite possible après passage à la chambre à gaz.

Lorsque je suis arrivée à Auschwitz , cela faisait 67 ans que ma grand mère Madame Hyacinthe Périni s'y était elle même rendue à l'ouverture du camp en conduisant une délégation de survivantes. Elle avait alors ramassé des cendres pour les ramener en Corse et les insérer dans cette stèle. J'ai marché dans ses pas et je puis désormais dire, comme elle l'a fait à son retour :

« J'ai vu des monceaux de cheveux humains, j'ai vu des petits souliers vides d'enfants, j'ai vu les fours à gaz et les fours crématoires, j'ai vu les planches où s'entassaient dans la vermine les femmes héroïques et où elles mouraient. » fin de citation.

J'ai moi aussi vu ces planches dans le block 26 : Les déportées couchaient sur des châlits à trois étages, serrées comme des sardines, souvent sans même une paillasse. Les planches étaient si petites qu'on se demande comment les pauvres déportées pouvaient y dormir à 4 !

Puis, en entrant dans le block 25, le "Revier" , c'est à dire l'infirmerie, qui n'était en fait qu'un mouroir avant le départ pour la chambre à gaz, je n'ai pu contenir mon émotion en repensant à cette phrase de ma grand mère : je la cite : « J'ai vu la planche où mourut ma grande fille et si dans ses derniers moments elle ne disait plus que maman, elle avait pu avant son délire formuler un message : tu diras à mes amies que moi aussi je meure pour la France comme Politzer et Cadras ; tu diras à maman d'être courageuse, d'autres continueront »

Bouleversée, je suis sortie respirer dans la cour, mais mes pieds s'enfoncèrent alors dans la neige fondue, et j'eus l'horrible impression de marcher sur les corps de ces héroïnes car les SS y jetaient indistinctement mortes et vivantes lorsqu'il n'y avait plus de place dans le mouroir. J'ai repensé alors à la jeune Annette Epaud qui entendant gémir au milieu de cet amoncelement de corps tendit une timbale à la mourante et fut immédiatement happée par un crochet en fer et jetée avec les autres femmes. Le lendemain matin, elle partait pour la chambre à gaz en chantant la Marseillaise et en criant Danielle, Danielle pense à mon fils !!!

Lorsqu'on a vu de telles horreurs et qu'on constate qu'aujourdhui refleurissent un peu partout dans le monde des germes de fascisme et de racisme, l'on a envie de crier : Plus jamais ça !!! Et n'abandonnons pas aux oubliettes de l'histoire la mémoire de ces 230 femmes héroïques qui se sont dressées au péril de leur vie contre la barbarie nazi !

Je vous remercie".

 

 

 

Dépots de gerbes - sonnerie aux morts-Minute de silence

ANACR 2A                                                      Mairie de Piana                               Les amis de Danielle Casanova

Minute de silence

 

Lectures et Chants

Nuit et Brouillard- Jean Ferrat, repris en choeur par les participants

cliquer   ICI  pour écouter

 

 

- Libera me, extrait du Requiem de Gabriel Fauré   interprété a capella par Sauveur Manodritta

Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem.

Exaudi orationem meam; ad te omnis caro veniet.

 

Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

 

Lux æterna luceat eis, Domine,

* cum sanctis tuis in æternum, quia pius es.

 Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

 

Cum sanctis tuis in æternum, quia pius es.

Libera me, Domine, de morte æterna,

in die illa tremenda, quando coeli movendi

 

sunt et terra, dum veneris iudicare sæculum per ignem.

Tremens factus sum ego et timeo,

dum discussio venerit atque ventura ira.

 

Dies illa, dies iræ, calamitatis, et miseriæ,

dies magna et amara valde.

Requiem æternam dona eis,

 

Domine, et lux perpetua luceat eis.

 

 

 

- Extraits de lettres de Danielle Casanova http://www.tousbanditsdhonneur.fr/sites/default/files/styles/large/public/field/image/danielle_casanova/lettre_de_pot1.jpg

Lecture par :Fanny Rochicciole, Chiara Secondi, Lea Secondi, Marie Spinosi, Aline Castellani, Marie Françoise Castellani, Isaline Amalric.

 

 

                                                                              A gauche, Chiara Secondi, à droite, Marie Spinosi

A gauche, Fanny Rochicciole, à droite , Aline Castellani, Isaline Amalric          Léa Secondi                  Marie-Françoise Castellani                                                          

 

- L'infernu di Pictchipoi,  interprété par Rosanna et Jean Mattei

 

 

 

Mathieu Amalric lit des extraits du poème d'Aragon Musée Grévin

Poème écrit le 6 octobre 1943, en hommage aux déportés morts dans les camps, et lu publiquement par Aragon en 1945, qui l'a dédié aux survivants dont on annonce le retour :

 

- Le chant des partisans- version corse , interprété a capella par Angeo Giovanelli

Cliquez ici pour écouter la version interprétée par Antoine Ciosi. en 1989

 

Amicu un' senti

i curbacci

in la piegghja arrabiati

Amicu un' senti

lagna i paesi

Incadenati

 

Aio, patriotti

di campagnao di citta

chj ghje l'ora

Sta sera un' dubita

chi u nemicu l'avemu

da lampa fora

 

Ogn'unu he cusciente

oramai di l'improntu

di a mossa

Amicu s'e tu caschi

venera un'altr'omu

a la riscossa

 

Dumane sicchera

u to sangue sott'

a le so botte

Cantate o'fratelli

chi ci sente a liberta

sta notte

 

C'est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères.

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse,

La misère.

 

Il y a des pays

Où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous vois-tu

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève

- Au rendez-vous allemand, de Paul Eluard, lu par Mathieu Amalric
Poème en hommage à Gabriel Peri fusillé par les Allemands au mont Valérien le 15 décembre 1941

Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle où l'on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oubli.

 

Car tout ce qu'il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre.

 

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté

 

Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amies

Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

 

 

 

 

 

Lella N°31655 (son n° de tatouage) interprété par Rosanna et Jean Mattei

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Dio vi salve Regina, repris en choeur par les participants

Dio vi salvi Regina

E madre universale

Per cui favor si sale

Al paradiso

 

Voi siete gioia e riso

Di tutti scunsulati

Di tutti i tribulatti

Unica speme

 

Voi da nemici nostri

A noi date vittoria

E poi l'eterna gloria

In paradiso

 

Dieu vous garde reine

Et mère universelle

Dont la faveur fait gagner

Le paradis

 

Vous êtes joie et sourire

Pour tous les malheureux

Pour tous les inconsolables

Unique espoir

 

Sur nos ennemis

Donnez-nous la victoire

Et puis la gloire éternelle

Au paradis

 

Remerciements de Hyacinthe Choury, Président de l'Association des Amis de Danielle Casanova

Je voudrais remercier pour leur soutien actif :

- La Mairie de Piana

- l'ANACR-2A

- et les 61 adhérents de l'association des Amis de Danielle Casanova – Histoire et Mémoire

Je voudrais également remercier pour leurs interprétations :

- Mathieu Amalric

- Aline et Marie-Françoise Castellani

- Angeo Giovanelli

- Sauveur Manodritta

- Rosanna et Jean Mattei

- Fanny Rocchicioli

- Chiara et Lea Secondi

- et Marie Spinosi

Enfin je tiens à remercier la population de Piana et nos amis présents à cette commémoration pour leur fidélité au souvenir et leur attachement aux valeurs de liberté, de justice et de fraternité pour lesquelles Danielle s'est sacrifiée.

Je vous invite maintenant à remonter à Vistale ou vous attend un buffet de l'amitié

Antoine et Pierre Amalric vous liront la lettre de Charles Bonafedi et des extraits de témoignages de compagnes de captivité de Danielle

Vous pourrez également visiter l'exposition installée dans la maison de Danielle

 

Messages :

Nous avons reçu les messages de trois absents, qui regrettent de ne pouvoir être avec nous aujourd'hui et qui souhaitent rendre hommage à Danielle Casanova :

Dominique Bucchini , Président de l'Assemblée de Corse :

« Ne pouvant être présent à Piana aujourd'hui, date anniversaire de la mort de Danielle Casanova, je tiens à rendre hommage à cette figure inoubliable de la résistance féminine.

Danielle était un mélange de passion et de raison. Sa tête fonctionnait aussi bien que son coeur battait fort. Je pense que son amour de la liberté et sa haine contre toute injustice, qui, d'après sa maman, madame Périni se manifestait dès son jeune âge ont été déterminants pour l'orientation de sa vie .

En ce 70 eme anniversaire de la libération des camps, il est de notre devoir de rendre hommage à tous les résistants qui comme Danielle ont sacrifié leur vie pour se dresser contre la barbarie nazie. Nous continuons de puiser dans l'histoire de la résistance des messages d'espoir : la simplicité et la grandeur d'une action libre et consciente, une morale de l'action désintéressée, le chemin de la dignité et de la construction de l'avenir.

 

Nicolas Alfonsi, premier adjoint du maire de Piana, ancien sénateur :

« Aujourdhui, 9 mai 2015, nous commémorons l'anniversaire de la mort de Danielle, et le 70ème anniversaire de la libération des camps. Ne pouvant être présent à Piana je tiens à rendre hommage aux rôles tenus par les femmes dans la résistance et particulièrement à celui de Danielle Casanova, figure emblématique de la résistance féminine . Depuis le 29 avril et jusqu'au 2 juin 20 pannaux représentant des femmes déportées sont visibles sur les grilles de la Mairie de Paris ils le seront ensuite sur les grilles du Panthéon du 6 juin au 6 juillet. Danielle Casanova a le sien ».

 

 

 

Paul-Antoine Luciani , conseiller municipal, ancien premier adjoint du Maire d'Ajaccio :

"Dans l’impossibilité d’être physiquement présent à Piana, je suis auprès de vous  par la pensée et par l’engagement.

La figure lumineuse de Danielle Casanova, patriote, féministe, humaniste, communiste, universelle désormais, demeurera dans la mémoire nationale comme un symbole du dévouement absolu. Avec ses compagnes et avec ses camarades, elle nous a transmis  «certains  secrets de grandeur » qui peuvent   instruire les générations nouvelles, éveiller leur conscience, stimuler leur vigilance, les aider à devenir des femmes et des hommes véritables.

Les manifestations du souvenir, comme celle de Piana aujourd’hui qui prend une dimension nouvelle par la diversité des talents qu’elle a mobilisés, doivent se perpétuer et se renouveler. Car elles ont le double caractère d’un devoir moral et d’une visée pédagogique.

Rappeler le souvenir des victimes du nazisme et du fascisme, honorer la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie ou leur liberté pour en finir avec cette barbarie, tel est notre devoir.

 Retenir la leçon de ces hommes et de ces femmes qui, comme Danielle, se   sont levés sans penser à eux-mêmes pour libérer leur pays et faire un monde plus beau, voilà aussi ce que doit être notre visée pédagogique.  Dans  une société où l’on n’offre le plus souvent à la jeunesse que la perspective illusoire du profit immédiat pour une infime minorité,  la leçon de Danielle, qui est aussi celle de ses compagnes et de ses camarades, nous aide à retrouver le sens de l’engagement au service du bien commun".  

 

Retour des participants vers la maison de famille de Danielle où un buffet a été dressé ainsi qu'une exposition sur la vie de Danielle Casanova

Sur le chemin de retour, les participants chantent le chant de la libération version Yves Montand.

A l'arrivée, les participants sont accueillis par les lectures d'Antoine et Pierre Amalric

 

Antoine Amalric, 17 ans, lit la lettre de Charles Bonafedi :

"Charles Bonafedi avait dix-sept ans quand l’ennemi vint occuper son village, en novembre 1942. Il entre dans la Résistance. Raflé par les carabiniers le 6 juillet 1943, il est déporté en Autriche dans le camp de Wolsberg. Il s’évade et, le 25 août 1944, il écrit à ses parents :

Mes très chers parents,

Je vous écris à tout hasard car je ne sais si ma lettre vous parviendra. Enfin, vous saurez qu’avant de partir j’ai pensé à vous.

Demain à une heure de l’après-midi, je pars... Ici une ressource s’offre à moi: ne pouvant combattre aux côtés des Français, je vais rejoindre les patriotes slaves.

Si vous restez longtemps sans nouvelle de moi ne désespérez pas car s’il m’arrivait malheur vous seriez prévenus: mais si cela arrivait ne me pleurez pas, je serais mort en tâchant de faire mon devoir.

J’ai vu, Papa, les sacrifices que tu as consentis pour m’envoyer à l’école.Si je vais combattre c’est pour que d’autres papas n’aient pas besoin de se saigner pour élever leurs enfants. C’est pour que tout le monde travaille dans un monde de paix et de prospérité.

Si je tombe, d’autres resteront et finiront notre oeuvre.

Maman, ne te fais pas de mauvais sang. Ton fils, vois-tu, va lutter pour que les futures mamans n’aient plus peur pour leur gosse. Sois courageuse comme j’essaie de l’être en ce moment: je ne veux pas pleurer, non, c’est mon devoir que je vais faire.

Paulo, toi mon frère, n’abandonne pas papa et maman. Console maman surtout. Tâche de lui faire comprendre que je devais faire cela. Embrasse tous nos parents et saluez tous les camarades et les voisins. J’ai le ferme espoir de retourner et alors nous pourrons faire la fête.

Courage à tous! Si vous recevez la nouvelle de ma mort, plantez une croix à côté de la tombe de Jules Mondoloni. ”

Charles Bonafedi a rejoint les patriotes de Tito en Yougoslavie. Le 2 mars 1945, à coups de notes lentes et tristes, le glas annonça sa mort et endeuilla le village de Petreto-Bicchisano et ses hameaux alentour. La dernière volonté du jeune combattant de la liberté pouvait maintenant être exaucée ».

Depuis, sa dépouille repose à l'orée d'un bois, juste au dessus de la ville de Lasce, en Slovénie.

Au cimetière de Petreto-Bicchisano, une petite croix est plantée, près de la tombe de Jules Mondoloni, grand résistant abattu par les fascistes à Ajaccio. .

Que l'herbe jamais ne l’étouffe !!!

 

Pierre Amalric, 16 ans

« Pour rendre hommage à Danielle Casanova je vais vous lire les témoignages de ses compagnes :

Manca Svalbova brosse son portrait : «  Dans les yeux noirs de cette Corse, brillait la décision, la sincérité. Son sourire était large, presque naïf avec quelque chose d’une gaîté enfantine, l’art de savoir se réjouir du bleu du ciel. Sa poignée de main virile était celle d’un homme, d’une camarade, d’une compagne. Danielle parlait peu. Très vite pourtant elle incarna pour nous toutes un idéal. Elle devint un symbole, et pas seulement un exemple pour les Françaises…

De cette intellectuelle, de cette personnalité de grand style, rayonnait un charme enchanteur. Elle n’avait pas le retranchement des intellectuels mais au contraire, une façon particulière d’approcher et d’attirer à elle les couches sociales les plus différentes, les opinions politiques les plus divergentes.

Marie-Claude Vaillant Couturier  raconte son courage et son dévouement :

«  Danielle a la fièvre depuis deux jours. Elle ne veut pas se coucher. Elle sait avec quelle impatience ses camarades l'attendent le soir. Une phrase affectueuse en Français alors que tout le long du jour on est assourdi par des vociférations en allemand cela donne du courage, un peu d'espoir. C'est pour cela qu'elle domine sa propre fatigue, son sourire c'est un peu la France.

Lorsque je lui ai appris la mort de Camille Champion  : Elle m'a dit  : Elles meurent toutes, mon coeur est un cimetière. Tu diras aux amis que moi aussi je suis morte pour la France, comme Politzer et Cadras  » 

Manca Svalbova et Simone Thery évoquent sa mort :

Manca : « Puis un jour de printemps Danielle tomba à son tour. (...) le délire l’emmenait au loin, près de sa mère qu’elle embrassait, près de ses camarades dont elle serrait les mains. Puis ses grands yeux se perdirent, quelque part dans les profondeurs, et le voile noir recouvrit ses paupières.

L’obscurité descendait sur le camp lorsque nous l’avons portée sur son dernier chemin. Ses compagnes étaient venues en grand nombre pour prendre congé d’elle. Les bouches restèrent muettes et les yeux secs, mais les cœurs saignaient, révoltés. La nuit s’approcha. Nous restions inertes, debout. Dans le silence du camp, le bruit des moteurs devint un grand cri déchirant. L’obscurité sanglante nous saisit la main et le néant haletant nous enveloppa. (...)

Simone Thery

«  Les Françaises se glissèrent jusque là avec la complicité des doctoresses et des infirmières, amies de Danielle, pour contempler une dernière fois leur amie. On avait posé le corps sur un brancard, sur un drap bien propre. Qu'elle était belle Danielle sur ce drap blanc, sur cette couche de lilas odorants, le visage rayonnant, serein, encore affiné par la mort ! Il se passa alors une chose incroyable, qu'on n'avait jamais vu encore à Auschwitz, et qu'on ne vit plus jamais : un cortège funèbre se forma derrière le brancard fleuri, et l'on suivit le corps de Danielle Casanova à travers tout le camp jusqu'au crématorium. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visite de l'exposition

 

 

 

Buffet de l'amitié

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2015 - Délégation corse des Femmes Solidaires

 

A l'occasion du 70 eme anniveraire de la libération d'Auschwitz, la délégation a  a rendu hommage à Danielle Casanova, le 30 avril 2015, à Vistale devant la stèle contenant des cendres d'Auschwitz:

Départ de Vistale                                                             Sentier vers la stèle de Danielle

Dépot de gerbes

Rosie Sarrola, présidente de la délégation corse

 

Isaline Amalric Choury

La délégation

Exposition et "Pot du souvenir" dans la maison de Danielle

 

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Exposition Femmes et résistance

Avril -Juin 2015

Un hommage est  rendu à Danielle Casanova sur un panneau de cette exposition

 

 

Danielle Casanova sur les grilles de la Mairie de Paris et du PanthéonUN HOMMAGE À TOUTES LES RESISTANTES

Alors que l’on célèbre le 70e anniversaire du premier vote des femmes (29 avril 1945) et que les résistantes    Germaine    Tillion    et Geneviève de Gaulle-Anthonioz vont compter parmi les grandes figures honorées par la nation, en reposant pour toujours au Panthéon, la reconnaissance de la place des femmes    dans    l’Histoire    est indispensable.
Agents    de    liaison,    cantinières, infirmières, secrétaires, standardistes ou combattantes.... Les Françaises ont largement participé à la Résistance. Une fois l’armée française défaite et l’Armistice signé, alors que la France de Vichy entre en collaboration avec l’Allemagne, des voix s’élèvent pour dire non et résister dès l’été 1940.
Parmi ces voix, celles des femmes. Durant les quatre années d’occupation, elles résistent, chacune à leur manière : hébergement    de    clandestins, organisation de réseaux, impressions de tracts et de journaux clandestins, préparation d’engins explosifs, évasions, collecte et transmission d’informations.

Certaines s’engagent dans les Forces françaises libres — 1 800 femmes — tant et si bien que, le 7 novembre 1940, le général de Gaulle institue le corps des volontaires françaises, la première unité féminine de l’armée française. C’est une révolution car ces femmes qui signent un engagement militaire n’ont pas encore le droit de vote.
Pourtant, à la Libération, cet engagement n’est pas valorisé. Les chiffres en témoignent, elles sont les grandes oubliées du conflit : elles auraient représenté 15 à 20 % des membres de la Résistance, mais on compte seulement six femmes parmi les 1 038 Compagnons de la Libération et elles représentent à peine 10 % des médaillés de la Résistance. Cependant, depuis une trentaine d’années, ces combattantes et résistantes sortent de l’ombre. À travers les portraits de quarante-six héroïnes, cette exposition est l’occasion de rendre hommage à l’ensemble de ces femmes.

L’exposition Femmes et Résistance présente vingt panneaux qui seront exposés deux mois durant, en extérieur sur deux lieux symboliques. Elle a été réalisée par l’association « Bâtisseurs de mémoires » sous la conduite de l’historien Pascal Blanchard.
Du 29 avril au 2 juin, elle sera visible sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris, lieu emblématique de la libération de Paris, 70 ans jour pour jour après des élections municipales, premier scrutin où des femmes purent enfin voter en France. Du 6 juin au 6 juillet, ce sont les grilles du Panthéon, où Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle Anthonioz seront entrées quelques jours auparavant, qui accueilleront cette galerie de portraits.
Cette exposition en plein air, sur des lieux ouverts au grand public permettra de rendre hommage à l’engagement de toutes ces femmes.